Lecture commentée de la page 412 du Muṣḥaf — sourate Luqmān, versets 12 à 19
Texte de conférence — version orale (environ 50 minutes)
Les traductions des commentaires sont les nôtres ; le texte arabe et la référence figurent en note, tels qu’ils apparaissent dans al-Maktaba al-Shāmila. Les encadrés « Ce que nous en retenons » signalent nos propres déductions. Les indications entre crochets sont destinées à l’orateur et ne se lisent pas.
Introduction
[Durée indicative : 3 min]
بسم الله الرحمن الرحيم
إنَّ الحمدَ للهِ، نحمدُه ونستعينُه ونستغفرُه، ونعوذُ باللهِ من شرورِ أنفسِنا ومن سيِّئاتِ أعمالِنا، مَن يهدِه اللهُ فلا مُضِلَّ له، ومَن يُضلِلْ فلا هاديَ له. وأشهدُ أن لا إلهَ إلا اللهُ وحدَه لا شريكَ له، وأشهدُ أنَّ محمدًا عبدُه ورسولُه، بعثه اللهُ معلِّمًا ومزكِّيًا، يتلو على الناسِ آياتِه ويعلِّمُهم الكتابَ والحكمةَ، صلّى اللهُ عليه وعلى آلِه وصحبِه وسلَّم تسليمًا كثيرًا.
أمّا بعدُ، فيقولُ اللهُ تعالى في كتابِه الكريم: ﴿وَلَقَدْ آتَيْنَا لُقْمَانَ الْحِكْمَةَ أَنِ اشْكُرْ لِلَّهِ وَمَن يَشْكُرْ فَإِنَّمَا يَشْكُرُ لِنَفْسِهِ وَمَن كَفَرَ فَإِنَّ اللَّهَ غَنِيٌّ حَمِيدٌ﴾ [لقمان: 12].
وقال رسولُ اللهِ ﷺ: «وما اجتمعَ قومٌ في بيتٍ من بيوتِ اللهِ، يتلونَ كتابَ اللهِ ويتدارسونَه بينهم، إلّا نزلتْ عليهم السكينةُ، وغشيتْهم الرحمةُ، وحفَّتْهم الملائكةُ، وذكرَهم اللهُ فيمَن عنده» [رواه مسلم].
اللهمَّ علِّمْنا ما ينفعُنا، وانفعْنا بما علَّمتَنا، وزِدْنا علمًا.
Louange à Allah, que la prière et la paix soient sur Son Messager, sur sa famille et sur ses Compagnons.
Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Des gens ne se réunissent pas dans l’une des maisons d’Allah, récitant le Livre d’Allah et l’étudiant ensemble, sans que la sérénité descende sur eux, que la miséricorde les enveloppe, que les anges les entourent, et qu’Allah les mentionne parmi ceux qui sont auprès de Lui. » (Rapporté par Muslim.)
Chers frères et sœurs, ce soir, nous allons rester sur une seule page du Coran. La page 412 du muṣḥaf, au cœur de la sourate Luqmān. Huit versets. On les récite en deux minutes. Et pourtant, les commentateurs y ont vu l’un des plus beaux résumés de ce qu’un père peut transmettre à son fils.
Je vous propose une question pour nous accompagner tout au long de cette page : quand on veut éduquer quelqu’un — un enfant, un élève, ou soi-même —, par quoi commence-t-on ?
Pour y répondre, nous suivrons un ordre précis. D’abord, écouter le texte. Ensuite, écouter ce que les savants en ont compris. Et seulement après, tirer nos propres leçons, en le disant clairement. Ce qu’Allah dit et ce que nous en déduisons ne sont pas sur le même plan. Quand je parlerai en mon nom, je vous le signalerai.
Deux commentateurs nous accompagneront plus particulièrement : le grand exégète Fakhr al-Dīn al-Rāzī1 et, parmi les modernes, le savant tunisien al-Ṭāhir Ibn ʿĀshūr2. Les autres commentateurs, je ne les nommerai que lorsqu’ils apportent quelque chose de propre ; pour le reste, les références sont en note. Quand ils ne sont pas d’accord, je vous le dirai.
I. La sagesse et la gratitude (v. 12)
[Durée indicative : 5 min]
﴿وَلَقَدْ آتَيْنَا لُقْمَانَ الْحِكْمَةَ أَنِ اشْكُرْ لِلَّهِ وَمَنْ يَشْكُرْ فَإِنَّمَا يَشْكُرُ لِنَفْسِهِ وَمَنْ كَفَرَ فَإِنَّ اللَّهَ غَنِيٌّ حَمِيدٌ﴾ [لقمان: ١٢]
« Nous avons certes donné à Luqmān la sagesse : “Sois reconnaissant envers Allah.” Quiconque est reconnaissant ne l’est que pour lui-même ; et quiconque est ingrat… Allah Se suffit à Lui-même, Il est digne de louange. »
Qui est Luqmān ? Le Coran ne nous dit presque rien de lui. Ni sa généalogie, ni son époque, ni son pays. Une seule chose : Allah lui a donné la sagesse, al-ḥikma. Était-il prophète ? Les deux avis ont été rapportés, mais la plupart des commentateurs font de lui un sage, et non un prophète3.
Retenez ce point. Si Luqmān est un sage, alors ce qu’il dit à son fils est une sagesse humaine, qu’Allah a jugée digne d’être rapportée dans Son Livre. Par le récit de Luqmān, Allah montre en effet que ces choses ne sont pas réservées aux prophètes ; elles sont conformes à la sagesse4.
Regardez maintenant la construction du verset. وَلَقَدْ آتَيْنَا لُقْمَانَ الْحِكْمَةَ : « Nous avons donné à Luqmān la sagesse ». Et aussitôt : أَنِ اشْكُرْ لِلَّهِ : « Sois reconnaissant envers Allah ». Aucune transition. La sagesse est immédiatement expliquée par la gratitude. Al-Ṭabarī dit que cet ordre est comme la « traduction » de la sagesse : la sagesse reçue par Luqmān, c’était d’abord de remercier Allah5.
Al-Rāzī va plus loin. Il donne une définition de la sagesse que je vous demande de garder en tête jusqu’à la fin de cette page. Quand on connaît deux choses, et que l’une est plus importante que l’autre, s’occuper de la plus importante : c’est cela, la sagesse. Or la gratitude envers Allah est la plus importante des choses6.
Commencer par le plus important. Vous allez voir que Luqmān, dès sa première phrase, applique exactement cette définition.
Le verset ajoute : « Quiconque est reconnaissant ne l’est que pour lui-même. » La gratitude ne rapporte rien à Allah. Elle profite à celui qui remercie. Tout ce qui va suivre est donc un bien pour celui qui l’écoute.
Ce que nous en retenons
Avant de parler, Luqmān est présenté comme quelqu’un qui a reçu. La page commence par ce qu’il a reçu, et par la réponse qu’Allah attend de lui : la gratitude. Il nous semble qu’il y a là une indication pour tout éducateur : on transmet ce que l’on a d’abord reçu, et la première réponse à ce que l’on a reçu, c’est la reconnaissance. Le texte, lui, se contente de placer les choses dans cet ordre.
II. Le tawḥīd : commencer par le plus important (v. 13)
[Durée indicative : 8 min]
﴿وَإِذْ قَالَ لُقْمَانُ لِابْنِهِ وَهُوَ يَعِظُهُ يَا بُنَيَّ لَا تُشْرِكْ بِاللَّهِ إِنَّ الشِّرْكَ لَظُلْمٌ عَظِيمٌ﴾ [لقمان: ١٣]
« Et lorsque Luqmān dit à son fils, tout en l’exhortant : “Ô mon cher fils, n’associe rien à Allah, car l’association est une injustice énorme.” »
« Tout en l’exhortant »
Écoutez la scène : وَهُوَ يَعِظُهُ, « tout en l’exhortant ». Pourquoi le Coran précise-t-il cela ? Ibn ʿĀshūr y voit un indice : Luqmān parlait ainsi parce que son fils pratiquait l’association. Et il attribue cet avis à la majorité des commentateurs7. Son argument est linguistique : en principe, on interdit une chose à celui qui la pratique déjà, ou qui en est proche8.
Je dois être honnête avec vous. J’ai cherché cette « majorité » chez les commentateurs plus anciens. Je ne l’ai pas trouvée. La plus ancienne mention que j’aie trouvée est formulée de façon prudente : « On a dit que son fils et sa femme étaient mécréants… »9 D’autres décrivent plutôt un père qui conseille le fils qui lui est le plus cher10.
Que retenir ? Le texte dit que Luqmān exhorte son fils. Il ne dit pas que ce fils était associateur. C’est un avis possible ; ce n’est pas un consensus. Nous ne bâtirons pas notre lecture sur lui.
Même chose pour le nom du fils : les commentateurs en proposent plusieurs11. Il n’y a aucune raison de s’y attarder12. Là où le Coran se tait, il est sage de ne pas parler à sa place.
« Yā bunayya » : la tendresse avant l’ordre
Avant de dire quoi que ce soit, Luqmān appelle son fils : يَا بُنَيَّ — yā bunayya. Le mot est un diminutif. Littéralement : « mon petit fils », « mon cher petit ».
En réalité, ce n’est pas un vrai diminutif : c’est une manière d’adoucir la parole, comme on dit à quelqu’un « mon frère »13. Ibn ʿĀshūr ajoute une belle remarque. Le fils est peut-être un adulte ; son père lui parle comme à un petit, pour lui dire sa tendresse. Et dans une exhortation, cette tendresse signifie : je te conseille sincèrement, parce que je te veux du bien. C’est donc une invitation à accepter le conseil14.
Remarquez : cet appel revient trois fois sur la page. Ici, au verset 16 et au verset 17. Gardez-le à l’oreille.
Pourquoi commencer par le tawḥīd ?
Et la première chose qu’il dit, c’est : لَا تُشْرِكْ بِاللَّهِ — « n’associe rien à Allah ». Ce n’est pas un hasard. Al-Rāzī écrit : dans son exhortation, il commença par le plus important, qui est l’interdiction de l’association15. Les autres commentateurs le disent aussi16.
Vous reconnaissez la définition de la sagesse donnée par al-Rāzī, à la même page : s’occuper d’abord du plus important. La sagesse reçue au verset 12 se manifeste dès la première phrase du verset 13.
Ibn ʿĀshūr explique la logique de cet ordre. Une âme que l’on veut purifier doit d’abord être débarrassée de ce qui la corrompt. Et il conclut par une formule à retenir : la réforme de la croyance est le fondement de la réforme de l’action17.
« Une injustice énorme »
Vient ensuite la raison : إِنَّ الشِّرْكَ لَظُلْمٌ عَظِيمٌ — « l’association est une injustice énorme ».
Cette phrase, le Prophète ﷺ lui-même l’a citée. ʿAbd Allāh ibn Masʿūd rapporte que lorsque fut révélé le verset : « Ceux qui ont cru et n’ont pas revêtu leur foi d’injustice, à ceux-là la sécurité »18, les Compagnons furent saisis d’inquiétude. Ils dirent : « Lequel d’entre nous ne se fait pas tort à lui-même ? » Le Prophète ﷺ répondit : « Ce n’est pas comme vous le pensez. Il s’agit de ce que Luqmān a dit à son fils : “Ô mon cher fils, n’associe rien à Allah, car l’association est une injustice énorme.” »19
Une question se pose : cette dernière phrase, est-ce encore Luqmān qui parle, ou Allah qui commente ? Les deux lectures sont possibles20. Et chez al-Bukhārī, le hadith existe sous deux formes : l’une dit « Allah révéla alors… », l’autre « N’entends-tu pas la parole de Luqmān à son fils ? »21. Dans les deux cas, l’essentiel demeure : le Prophète ﷺ s’est appuyé sur cette parole pour expliquer le Coran à ses Compagnons.
Mais pourquoi parler d’« injustice » ? Parce que c’est placer l’adoration là où elle n’a pas sa place22. Autrement dit : mettre sur le même rang Celui de qui vient tout bienfait, et ce dont aucun bienfait ne peut venir, c’est une injustice dont on ne peut mesurer la grandeur23. Ibn ʿĀshūr y voit même plusieurs injustices à la fois : envers le Créateur, envers soi-même, envers les croyants, et envers la vérité des choses24.
Prenons des images simples. En arabe, le ẓulm, l’injustice, c’est d’abord mettre une chose là où elle n’a pas sa place. Imaginez un enfant qui reçoit un cadeau envoyé par son père : il remercie chaleureusement le livreur, le couvre d’éloges… et ne dit pas un mot à son père. Ou pensez à une mère qui a porté son enfant, l’a nourri, a veillé des nuits entières à son chevet quand il avait de la fièvre. Le jour de sa réussite, devant tout le monde, cet enfant remercie un inconnu croisé dans la rue, et ne jette pas un regard à sa mère. Qui ne sentirait pas son cœur se serrer ? Et pourtant, ce que la mère a donné n’est qu’une infime part de ce qu’Allah donne. C’est exactement cela : la vie, la santé, la subsistance, les enfants, tout vient d’Allah ; et l’associateur tourne sa gratitude, son espoir et sa crainte vers ce qui ne lui a rien donné, qu’il s’agisse d’une idole, d’un astre ou d’un talisman.
Et c’est aussi une injustice envers soi-même. Allah a honoré l’être humain, et voilà qu’il se prosterne devant une statue que ses propres mains ont peut-être sculptée. C’est comme un homme qui possède un trésor et qui va mendier auprès d’un mendiant. Plus près de nous : celui qui croit que son porte-bonheur le protège, ou qui consulte un voyant pour connaître son avenir, demande à la créature ce qui n’appartient qu’au Créateur. C’est cela, l’injustice « envers la vérité des choses » : attribuer à l’un ce qui revient à l’Autre. On comprend alors pourquoi, interrogé sur le plus grave des péchés, le Prophète ﷺ a répondu : « Que tu donnes à Allah un égal, alors que c’est Lui qui t’a créé. »25
Remarquez enfin que Luqmān ne se contente pas d’interdire. Il donne la raison. Il ne dit pas à son fils : « Obéis et tais-toi. » Il lui explique.
Ce que nous en retenons
La première chose qu’un père sage transmet, selon ce récit, ce n’est ni un comportement, ni une règle de politesse : c’est la question de savoir à qui le cœur est attaché. Et il la transmet avec tendresse — « mon cher petit » — et avec une raison — « car c’est une injustice énorme ». Nous en tirons, pour notre part, qu’une éducation qui commencerait par les apparences en laissant le cœur de côté prendrait les choses à l’envers. Le verset ne le formule pas ainsi ; c’est une déduction appuyée sur l’ordre du texte et sur ce qu’en disent les commentateurs.
III. Les parents, et les limites de l’obéissance (v. 14-15)
[Durée indicative : 8 min]
﴿وَوَصَّيْنَا الْإِنْسَانَ بِوَالِدَيْهِ حَمَلَتْهُ أُمُّهُ وَهْنًا عَلَى وَهْنٍ وَفِصَالُهُ فِي عَامَيْنِ أَنِ اشْكُرْ لِي وَلِوَالِدَيْكَ إِلَيَّ الْمَصِيرُ﴾ [لقمان: ١٤]
﴿وَإِنْ جَاهَدَاكَ عَلَى أَنْ تُشْرِكَ بِي مَا لَيْسَ لَكَ بِهِ عِلْمٌ فَلَا تُطِعْهُمَا وَصَاحِبْهُمَا فِي الدُّنْيَا مَعْرُوفًا وَاتَّبِعْ سَبِيلَ مَنْ أَنَابَ إِلَيَّ ثُمَّ إِلَيَّ مَرْجِعُكُمْ فَأُنَبِّئُكُمْ بِمَا كُنْتُمْ تَعْمَلُونَ﴾ [لقمان: ١٥]
« Nous avons enjoint à l’homme [la bonté envers] ses père et mère. Sa mère l’a porté, faiblesse sur faiblesse, et son sevrage a lieu en deux ans : “Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents. C’est vers Moi qu’est la destination.” Et s’ils te pressent de M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, ne leur obéis pas ; mais tiens-leur compagnie ici-bas de façon convenable, et suis le chemin de celui qui revient vers Moi. Puis c’est vers Moi que sera votre retour, et Je vous informerai de ce que vous faisiez. »
Quelqu’un d’autre prend la parole
Écoutez bien le début du verset 14 : وَوَصَّيْنَا — « Nous avons enjoint ». Ce n’est plus Luqmān qui parle. C’est Allah. Au milieu des conseils d’un père à son fils, Allah intervient. C’est une parenthèse au milieu de la recommandation de Luqmān26.
Tous ne l’ont pas lu ainsi. Certains rattachaient ces versets au discours de Luqmān ; d’autres l’ont rejeté, notamment parce que ces versets concerneraient Saʿd ibn Abī Waqqāṣ — nous y reviendrons27. Nous suivons ici la lecture de la plupart des commentateurs que nous avons consultés : c’est Allah qui parle.
Pourquoi parler des parents ici ?
Pourquoi Allah parle-t-Il des parents à cet endroit précis ? Al-Rāzī propose une explication très éclairante. Luqmān vient d’interdire d’adorer autre qu’Allah. Or servir quelqu’un ressemble, extérieurement, à l’adorer. Allah précise donc : ce service n’est pas interdit ; envers les parents, il est même obligatoire28. Le tawḥīd n’éloigne pas l’enfant de ses parents. Il met chacun à sa place.
Ibn ʿĀshūr ajoute une remarque profonde. Avant même que Luqmān ne conseille son fils, Allah avait déjà recommandé aux enfants la bonté envers leurs parents. Allah montre ainsi qu’Il a devancé Ses serviteurs par Son bienfait29.
« Faiblesse sur faiblesse »
Au milieu de cette recommandation, un détail : la mère. حَمَلَتْهُ أُمُّهُ وَهْنًا عَلَى وَهْنٍ — « sa mère l’a porté, faiblesse sur faiblesse ». Plus la grossesse avance, plus elle s’alourdit, et plus elle s’affaiblit30. Allah rappelle ainsi la fatigue de la mère, ses veilles de nuit comme de jour, pour rappeler à l’enfant la bonté qu’elle lui a témoignée en premier31.
Regardez la structure du verset. Le père et la mère sont recommandés ensemble ; puis la mère est distinguée deux fois, par la grossesse et par l’allaitement. Elle obtient ainsi trois degrés, et le père un seul32. Cela rejoint le hadith bien connu. Un homme demanda : « Qui mérite le plus ma bonne compagnie ? — Ta mère. — Puis qui ? — Ta mère. — Puis qui ? — Ta mère. — Puis qui ? — Ton père. »33
Deux gratitudes
Écoutez maintenant la suite : أَنِ اشْكُرْ لِي وَلِوَالِدَيْكَ — « sois reconnaissant envers Moi et envers tes parents ». Avez-vous entendu l’écho ? Au verset 12, Allah disait à Luqmān : أَنِ اشْكُرْ لِلَّهِ. Ici, la même formule s’élargit aux parents. Les deux gratitudes sont liées34. Puis : « C’est vers Moi qu’est la destination. » Al-Rāzī commente : le bienfait des parents se limite à ce monde ; celui d’Allah s’étend à ce monde et à l’autre35.
La limite : désobéir sans rompre
Puis vient la limite : فَلَا تُطِعْهُمَا — « ne leur obéis pas » — وَصَاحِبْهُمَا فِي الدُّنْيَا مَعْرُوفًا — « mais tiens-leur compagnie ici-bas de façon convenable ».
Remarquez : le texte sépare deux choses que nous confondons souvent, l’obéissance et la relation. Le fils ne suit pas ses parents dans l’association. Mais il ne rompt pas avec eux. Ce « convenable », c’est : bon caractère, patience, indulgence, bonté, liens maintenus36.
Pour Ibn ʿĀshūr, c’est même ce verset 15 qui est le but du passage. Tout ce qui précède le prépare. Allah établit d’abord fermement le devoir envers les parents, pour que l’interdiction de leur obéir dans l’association s’applique au cas où l’obéissance est la plus due37. Autrement dit : si même les parents, à qui l’on doit tant, ne doivent pas être suivis dans l’association, qui pourrait l’être ?
Al-Rāzī a ici une formule qui touche directement notre sujet. Il emploie le mot مُرَبِّي, murabbī : celui qui éduque, celui qui fait la tarbiya. Tiens-leur compagnie par ton corps, dit-il, car c’est sur ton corps que porte leur droit ; et suis le chemin du Prophète par ta raison, car il est l’éducateur de ta raison, comme le père est l’éducateur de ton corps38.
Une divergence : Saʿd ibn Abī Waqqāṣ
Un mot, enfin, sur une divergence réelle. Plusieurs commentateurs rattachent ces deux versets à Saʿd ibn Abī Waqqāṣ, dont la mère refusa de manger et de boire pour le faire renoncer à l’islam39. Pour certains, c’est l’avis correct40. Ibn ʿĀshūr, au contraire, l’écarte, parce qu’il ne s’accorde pas avec le contexte41.
Cette divergence a une conséquence. Si ces versets ont été révélés pour Saʿd, il devient difficile d’y voir des paroles de Luqmān : c’est précisément l’argument que nous évoquions tout à l’heure. La règle, elle, ne change pas : on n’obéit pas aux parents dans l’association, et l’on reste bon envers eux.
Ce que nous en retenons
Le récit est celui d’un père qui éduque son fils. Mais au milieu de ce récit, Allah rappelle que l’autorité des parents a une limite, et que cette limite est le tawḥīd. Il nous semble que cette parenthèse protège l’éducation contre un danger : faire de l’autorité parentale une autorité absolue. Le père éduque ; au-dessus du père, il y a Allah. Et la désobéissance, dans ce cas précis, ne dispense pas de la bonté. C’est notre lecture de la place de ces versets dans la page.
IV. Le grain de moutarde (v. 16)
[Durée indicative : 7 min]
﴿يَا بُنَيَّ إِنَّهَا إِنْ تَكُ مِثْقَالَ حَبَّةٍ مِنْ خَرْدَلٍ فَتَكُنْ فِي صَخْرَةٍ أَوْ فِي السَّمَاوَاتِ أَوْ فِي الْأَرْضِ يَأْتِ بِهَا اللَّهُ إِنَّ اللَّهَ لَطِيفٌ خَبِيرٌ﴾ [لقمان: ١٦]
« Ô mon cher fils, même si c’était le poids d’un grain de moutarde, et qu’il fût dans un rocher, ou dans les cieux, ou dans la terre, Allah le ferait venir. Allah est Subtil, Parfaitement informé. »
Luqmān reprend la parole. Et il appelle de nouveau : يَا بُنَيَّ.
Pourquoi parler maintenant de ce qui est caché ? Al-Rāzī voit un lien avec la fin du verset précédent. Allah vient de dire : « Je vous informerai de ce que vous faisiez. » Le fils a pu se demander : et ce que l’on fait en secret ? Luqmān répond : la bonne action comme la mauvaise, même minuscule, même cachée dans le lieu le plus inaccessible, n’échappe pas à Allah42.
Remarquez la force de l’ouverture. Répéter l’appel réveille l’attention de celui qui écoute. Et dans cette seule phrase, trois procédés d’insistance se suivent : l’appel, la particule إِنَّ, et un pronom qui annonce une chose grave. Tout cela en raison de l’importance de ce qui suit43.
[Prendre une graine de moutarde et la montrer à l’assistance.]
Regardez cette graine. Regardez comme elle est petite. On la tient à peine entre deux doigts. Si elle tombait par terre, ici, nous aurions du mal à la retrouver.
[Laisser un court silence.]
Écoutez maintenant le Coran :
مِثْقَالَ حَبَّةٍ مِنْ خَرْدَلٍ
« Le poids d’un grain de moutarde. » Et le verset ne s’arrête pas là. Écoutez la progression :
فَتَكُنْ فِي صَخْرَةٍ أَوْ فِي السَّمَاوَاتِ أَوْ فِي الْأَرْضِ
Ce grain, déjà si petit, serait en plus enfermé dans un rocher. Ou perdu dans l’immensité des cieux. Ou enfoui dans la terre. Et pourtant :
يَأْتِ بِهَا اللَّهُ
« Allah le ferait venir. »
Le procédé est simple : on mentionne la plus infime des choses, pour que l’on comprenne que tout ce qui est plus visible et plus proche est, à plus forte raison, embrassé par la science et la puissance d’Allah44. Rien ne Lui est caché45.
Certains ont dit que ce rocher serait un rocher précis, situé sous les sept terres. Mais cela semble venir des récits israélites, et que le sens apparent est simple : un grain insignifiant, à l’intérieur d’un rocher46. Là encore, la sobriété devant le texte.
Al-Laṭīf, al-Khabīr
Le verset se termine par deux noms d’Allah : إِنَّ اللَّهَ لَطِيفٌ خَبِيرٌ. Il est Subtil dans Sa science, rien ne Lui échappe, si fin et si minuscule que ce soit ; et Il est Parfaitement informé, jusqu’au cheminement des fourmis dans la nuit la plus noire47. Ibn ʿĀshūr donne au nom al-Laṭīf une seconde dimension : Celui qui connaît les subtilités des choses, et qui les fait parvenir avec douceur à ceux à qui elles profitent48.
À ce point, Luqmān a achevé d’exposer les fondements de la croyance49. Et al-Rāzī résume ce verset en une phrase adressée au fils : « Réforme ton for intérieur, car Allah est parfaitement informé. »50
Ce que nous en retenons
Avant de dire à son fils ce qu’il doit faire, Luqmān installe en lui la conscience d’être connu d’Allah. Il ne lui dit pas : « Je te surveille. » Il lui dit : « Allah sait, même ce qui est caché dans un rocher. » Il nous semble que c’est là une clé : un père ne peut pas suivre son fils partout ; ce qu’il peut faire, c’est éveiller en lui le sentiment qu’Allah le voit. Ce n’est pas le verset qui le dit en ces termes ; c’est ce que nous en tirons.
V. La prière (v. 17)
[Durée indicative : 3 min]
﴿يَا بُنَيَّ أَقِمِ الصَّلَاةَ وَأْمُرْ بِالْمَعْرُوفِ وَانْهَ عَنِ الْمُنْكَرِ وَاصْبِرْ عَلَى مَا أَصَابَكَ إِنَّ ذَلِكَ مِنْ عَزْمِ الْأُمُورِ﴾ [لقمان: ١٧]
« Ô mon cher fils, accomplis la prière, ordonne le convenable, interdis le blâmable, et endure ce qui t’atteint : cela fait partie des choses qui demandent une ferme résolution. »
Troisième appel : يَا بُنَيَّ. Et cette fois, le contenu change de nature. Luqmān passe des fondements de la croyance aux fondements des œuvres. Il commence par la prière, le pilier des œuvres, parce qu’elle contient la reconnaissance de l’obéissance due à Allah et la demande d’être guidé vers le bien51.
Remarquez qu’il ne dit pas simplement « prie », mais أَقِمِ الصَّلَاةَ : « accomplis la prière », établis-la. C’est-à-dire avec ses conditions, ses obligations et ses horaires52.
Pourquoi la prière vient-elle en premier parmi les œuvres ? Parce qu’elle est le lien entre le serviteur et son Seigneur. Pensez à un fils parti vivre loin de chez lui. Tant qu’il appelle sa mère, même brièvement, le lien demeure. Le jour où il cesse d’appeler, rien n’est encore rompu, mais quelque chose s’éteint. La prière, c’est ce rendez-vous que le croyant ne manque pas, cinq fois par jour. Et ce rendez-vous est un vrai dialogue. Dans un hadith qudsī, Allah dit : « J’ai partagé la prière entre Moi et Mon serviteur en deux moitiés. » Quand le serviteur dit : « Louange à Allah, Seigneur des mondes », Allah répond : « Mon serviteur M’a loué. » Quand il dit : « Le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux », Allah répond : « Mon serviteur a fait Mon éloge. »53 Chaque fois que nous récitons la Fātiḥa, nous ne parlons pas dans le vide : on nous répond.
Et ce lien va jusqu’à la proximité. Le Prophète ﷺ a dit : « Le moment où le serviteur est le plus proche de son Seigneur, c’est lorsqu’il est prosterné ; multipliez donc les invocations. »54 Le front posé au sol, au plus bas de lui-même, l’homme est au plus près d’Allah. C’est pourquoi la prière n’était pas, pour le Prophète ﷺ, une charge dont on se débarrasse. Il disait à Bilāl : « Ô Bilāl, appelle à la prière, et apporte-nous le repos par elle. »55 Nous disons souvent, nous : « Vivement que j’aie fini ma prière. » Lui disait : « Vivement la prière. » Voilà ce que Luqmān transmet à son fils : non pas une obligation de plus, mais le fil qui le relie à Allah.
VI. Ordonner le bien, interdire le blâmable, et patienter (v. 17)
[Durée indicative : 4 min]
Puis : وَأْمُرْ بِالْمَعْرُوفِ وَانْهَ عَنِ الْمُنْكَرِ — « ordonne le convenable, interdis le blâmable ». Le fils, qui vient d’être exhorté, doit maintenant exhorter à son tour.
Regardez l’ordre. Al-Rāzī y voit une finesse : Allah a placé la perfection de soi avant le perfectionnement des autres. D’abord « accomplis la prière », ensuite « ordonne le convenable »56. Ordonner le bien suppose qu’on le fasse soi-même57. Avec une précision importante : selon ta capacité et tes moyens58.
Et aussitôt : وَاصْبِرْ عَلَى مَا أَصَابَكَ — « endure ce qui t’atteint ». Pourquoi la patience vient-elle juste après ? Parce que Luqmān savait que celui qui ordonne le bien et interdit le mal sera forcément atteint par le mal que lui feront les gens. Il lui ordonne donc la patience59. Luqmān ne cache pas à son fils le prix de ce qu’il lui demande.
« Cela fait partie des choses qui demandent une ferme résolution » : مِنْ عَزْمِ الْأُمُورِ. Ce sont des choses qu’Allah a fermement décidées et rendues obligatoires, non des choses facultatives60.
Le mot ʿazm, c’est la résolution : ce sont des choses qu’Allah a tranchées, et qui exigent de nous une volonté ferme. Celui qui conseille un ami avec douceur et ne reçoit que des moqueries serait tenté de se taire, ou de répondre sur le même ton. Continuer à conseiller et rester patient : voilà la résolution. Le Coran emploie la même expression pour ceux qui entendent des paroles blessantes : « Si vous endurez et craignez Allah, cela fait partie des choses qui demandent une ferme résolution. »61
Ce que nous en retenons
Luqmān n’élève pas un fils replié sur lui-même. Dans un même verset, il le relie à Allah par la prière, puis le tourne vers les autres, puis le prévient que cela lui coûtera. Il nous semble qu’il y a là une forme d’honnêteté éducative : on ne promet pas à celui qu’on éduque que le bien sera facile. C’est notre lecture.
VII. Le visage, la démarche, la voix (v. 18-19)
[Durée indicative : 7 min]
﴿وَلَا تُصَعِّرْ خَدَّكَ لِلنَّاسِ وَلَا تَمْشِ فِي الْأَرْضِ مَرَحًا إِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ كُلَّ مُخْتَالٍ فَخُورٍ﴾ [لقمان: ١٨]
﴿وَاقْصِدْ فِي مَشْيِكَ وَاغْضُضْ مِنْ صَوْتِكَ إِنَّ أَنْكَرَ الْأَصْوَاتِ لَصَوْتُ الْحَمِيرِ﴾ [لقمان: ١٩]
« Ne détourne pas ta joue des gens [par dédain], et ne marche pas sur terre avec arrogance : Allah n’aime aucun présomptueux plein de gloriole. Sois mesuré dans ta démarche, et baisse ta voix : la plus détestable des voix est bien celle des ânes. »
Le danger qui guette celui qui fait le bien
Pourquoi, après la prière et l’ordre du bien, Luqmān parle-t-il de l’arrogance ? Écoutez l’explication d’al-Rāzī. Luqmān a demandé à son fils d’être parfait en lui-même et de perfectionner les autres. Mais il craignait pour lui deux dangers. Le premier : se croire supérieur aux autres, parce qu’il les corrige. Le second : se complaire en lui-même, parce qu’il se croit parfait62. Dans cette lecture, la suite du verset répond à ces deux dangers, l’un après l’autre.
« Ne détourne pas ta joue »
وَلَا تُصَعِّرْ خَدَّكَ لِلنَّاسِ. Imaginez quelqu’un à qui l’on parle, et qui détourne la joue. Le sens est clair : ne te détourne pas des gens quand tu leur parles ou qu’ils te parlent, par mépris ; sois au contraire d’un abord doux, et présente-leur un visage ouvert63. Ibn ʿĀshūr élargit : l’interdiction vise tout mépris, y compris par la parole et l’insulte ; elle implique de se considérer comme l’un des gens, leur égal64.
Ce visage ouvert, le Prophète ﷺ en a fait un acte de bien : « Ne méprise rien du bien, et que tu parles à ton frère le visage ouvert vers lui : cela fait partie du bien. » Et dans le même hadith, il met en garde : « Allah n’aime pas l’arrogance. »65
« Sur terre »
وَلَا تَمْشِ فِي الْأَرْضِ مَرَحًا — « ne marche pas sur terre avec arrogance ». Pourquoi préciser « sur terre » ? Où marcherait-on ailleurs ? Ibn ʿĀshūr y voit une allusion : la terre, c’est le lieu où tout le monde marche, les forts comme les faibles. Celui qui marche avec arrogance foule le même sol que tous les autres. Il est leur égal66.
Et la fin du verset reprend les deux interdictions : le « présomptueux », مُخْتَالٍ, répond à la joue détournée ; celui qui est « plein de gloriole », فَخُورٍ, répond à la démarche arrogante67.
La démarche et la voix
Le dernier verset quitte la relation aux autres pour la tenue personnelle : la marche et la parole. Ce sont les deux choses qui révèlent le plus clairement les manières d’un homme68.
وَاقْصِدْ فِي مَشْيِكَ — « sois mesuré dans ta démarche ». Le qaṣd, c’est le juste milieu. Entre quoi et quoi ? Entre la démarche fière et le pas traînant69. Al-Rāzī remarque que Luqmān, après avoir interdit la démarche orgueilleuse, prévient aussi l’excès inverse : la démarche de celui qui se fait faible pour paraître ascète70. Le juste milieu, entre deux extrêmes blâmables.
وَاغْضُضْ مِنْ صَوْتِكَ — « baisse ta voix ». Écoutez bien la petite préposition مِنْ. Littéralement : « baisse une partie de ta voix ». C’est-à-dire réduire la force de sa voix, sans aller jusqu’au chuchotement71. Même dans la voix, le texte cherche la mesure, non l’effacement.
Pourquoi tant d’attention à la voix ? Al-Rāzī répond : la laideur d’une parole est plus laide que celle d’un acte, et sa beauté plus belle, parce que la langue est l’interprète du cœur72.
« La voix des ânes »
Et le verset se termine sur une image volontairement rude : إِنَّ أَنْكَرَ الْأَصْوَاتِ لَصَوْتُ الْحَمِيرِ — « la plus détestable des voix est bien celle des ânes ». Al-Rāzī en propose une lecture étonnante. L’âne, s’il mourait sous sa charge, ne crierait pas. S’il était tué, il ne crierait pas. Mais à des moments où il n’en a aucun besoin, il se met à braire73. Ce qui est blâmé, dans cette lecture, c’est la voix qui s’élève sans raison. Plus simplement : élever la voix en parlant ressemble au braiment, et en partage le caractère détestable74.
Ce que nous en retenons
La page ne s’achève pas sur de grandes choses, mais sur le visage, la démarche et la voix. Il nous semble que c’est significatif : la foi qui a commencé dans le cœur au verset 13 finit par se voir dans la manière dont on marche et dont on parle — sous la forme de l’humilité et de la mesure. C’est une observation sur l’ordre du texte ; ce n’est pas une règle que le texte énonce.
Conclusion : de l’intérieur vers l’extérieur
[Durée indicative : 4 min]
Reprenons la page d’un seul regard. Luqmān commence par le tawḥīd. Il éveille chez son fils la conscience qu’Allah connaît même ce qui est caché. Il passe à la prière. Puis à l’ordre du bien, l’interdiction du blâmable, et à la patience qu’il demande. Il termine par l’humilité envers les gens, la mesure dans la démarche et dans la voix. Et au milieu, Allah intervient pour rappeler les droits des parents, et leur limite.
Ibn ʿĀshūr a résumé tout cela en une phrase : Luqmān a réuni dans cette exhortation les fondements de la religion — les croyances, les œuvres, la conduite envers les autres, et la conduite envers soi-même75.
Al-Rāzī arrive à une lecture voisine par un autre chemin. L’homme, dit-il, agit par trois choses : ses membres, sa langue, et son cœur, que seul Allah connaît. Le cœur est visé par le grain de moutarde. La démarche et la voix désignent la juste mesure dans les actes et dans les paroles76.
Deux grands commentateurs, par deux voies différentes, lisent donc dans cette page un ordre qui a un sens. Nous pouvons maintenant revenir à notre question.
Ce que nous en retenons
Par quoi commence l’éducation ? Si l’on suit l’ordre des conseils de Luqmān tels qu’Allah les a rapportés, elle commence par le plus intérieur et va vers le plus visible : le cœur attaché à Allah seul, la conscience d’être connu de Lui, la prière, le bien que l’on porte aux autres et la patience qu’il demande, et enfin le visage, la démarche et la voix. C’est exactement la sagesse telle qu’al-Rāzī la définissait au début : commencer par le plus important. Précisons bien ce que nous disons : nous ne prétendons pas que le Coran impose ici une méthode pédagogique universelle. Nous constatons l’ordre dans lequel un sage, loué par Allah, a parlé à son fils, et nous trouvons, avec les commentateurs, que cet ordre est porteur de sens.
Et rappelons-nous comment tout cela a été dit. Trois fois يَا بُنَيَّ. Des interdictions accompagnées de leurs raisons. Un fils prévenu de ce que le bien lui coûtera. La fermeté sur le tawḥīd, et la douceur dans la manière. C’est peut-être cela, la ḥikma donnée à Luqmān.
Nous terminons par l’invocation des serviteurs du Tout-Miséricordieux :
﴿رَبَّنَا هَبْ لَنَا مِنْ أَزْوَاجِنَا وَذُرِّيَّاتِنَا قُرَّةَ أَعْيُنٍ وَاجْعَلْنَا لِلْمُتَّقِينَ إِمَامًا﴾ [الفرقان: ٧٤]
« Notre Seigneur, accorde-nous, en nos épouses et nos descendants, la fraîcheur des yeux, et fais de nous un modèle pour les pieux. »
Et louange à Allah, Seigneur des mondes.
﴿رَبِّ اجْعَلْنِي مُقِيمَ الصَّلَاةِ وَمِن ذُرِّيَّتِي رَبَّنَا وَتَقَبَّلْ دُعَاءِ﴾ [إبراهيم: ٤٠]
﴿رَبِّ أَوْزِعْنِي أَنْ أَشْكُرَ نِعْمَتَكَ الَّتِي أَنْعَمْتَ عَلَيَّ وَعَلَىٰ وَالِدَيَّ وَأَنْ أَعْمَلَ صَالِحًا تَرْضَاهُ وَأَصْلِحْ لِي فِي ذُرِّيَّتِي إِنِّي تُبْتُ إِلَيْكَ وَإِنِّي مِنَ الْمُسْلِمِينَ﴾ [الأحقاف: ١٥]
﴿رَّبِّ ارْحَمْهُمَا كَمَا رَبَّيَانِي صَغِيرًا﴾ [الإسراء: ٢٤]
اللهمَّ آتِ نفوسَنا تقواها، وزكِّها أنت خيرُ مَن زكّاها، أنت وليُّها ومولاها. اللهمَّ إنّا نعوذُ بك من علمٍ لا ينفع، ومن قلبٍ لا يخشع، ومن نفسٍ لا تشبع، ومن دعوةٍ لا يُستجابُ لها.
﴿سُبْحَانَ رَبِّكَ رَبِّ الْعِزَّةِ عَمَّا يَصِفُونَ وَسَلَامٌ عَلَى الْمُرْسَلِينَ وَالْحَمْدُ لِلَّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ﴾ [الصافات: ١٨٠-١٨٢]
وصلّى اللهُ وسلَّم وباركَ على نبيِّنا محمدٍ، وعلى آلِه وصحبِه أجمعين.
Sources citées
Toutes les citations ont été relevées dans al-Maktaba al-Shāmila. Le numéro indiqué est celui du livre dans la Shāmila ; la pagination est celle de l’édition imprimée qu’elle reproduit.
- القرآن الكريم، النص من المكتبة الشاملة.
- صحيح البخاري، الطبعة السلطانية (الشاملة: ١٦٨١).
- صحيح مسلم، تحقيق محمد فؤاد عبد الباقي (الشاملة: ١٧٢٧).
- سنن أبي داود، تحقيق محمد محيي الدين عبد الحميد (الشاملة: ١٧٢٦).
- الطبري، جامع البيان عن تأويل آي القرآن، تحقيق عبد الله بن عبد المحسن التركي (الشاملة: ٧٧٩٨).
- الزمخشري، الكشاف عن حقائق غوامض التنزيل، ومعه الانتصاف ومشاهد الإنصاف والكافي الشاف (الشاملة: ٢٣٦٢٧).
- ابن عطية، المحرر الوجيز في تفسير الكتاب العزيز (الشاملة: ٢٣٦٣٢).
- فخر الدين الرازي، مفاتيح الغيب (التفسير الكبير) (الشاملة: ٢٣٦٣٥).
- القرطبي، الجامع لأحكام القرآن (الشاملة: ٢٠٨٥٥).
- ابن كثير، تفسير القرآن العظيم، طبعة دار ابن الجوزي (الشاملة: ١٥٠٣).
- محمد الطاهر ابن عاشور، التحرير والتنوير (الشاملة: ٩٧٧٦).
Remarques sur les références
La pagination d’al-Taḥrīr wa-l-tanwīr suit l’édition reproduite par la Shāmila (tome 21 pour ce passage) ; d’autres impressions placent ce même passage au tome 22. Avant publication, il convient de vérifier la pagination sur l’édition qui sera citée.
Le commentaire d’al-Saʿdī n’a pas pu être consulté dans la version de la Shāmila utilisée ; il n’est donc pas cité.
Plusieurs citations comportent des points de suspension (…) : ils signalent une coupure dans le texte original, jamais un ajout. Les citations reproduisent le texte de la Shāmila tel quel, y compris une coquille probable dans al-Taḥrīr wa-l-tanwīr (tome 21, p. 157 : « إِذًا أَمَرًا »). Dans le hadith d’Abū Dāwūd, la formulation est celle des Sunan, qui diffère légèrement de celle que cite Ibn Kathīr.
Lorsqu’une note réunit plusieurs commentateurs, le premier cité est celui dont l’explication est reprise dans le corps du texte ; les suivants disent la même chose en substance ou la complètent.
Notes
- Fakhr al-Dīn al-Rāzī (Abū ʿAbd Allāh Muḥammad ibn ʿUmar), né en 544/1150 à Rayy (près de l’actuelle Téhéran), mort en 606/1210 à Hérat (actuel Afghanistan) ; VIe/XIIe siècle. Théologien ashʿarite, juriste shāfiʿite et exégète. Principaux écrits : Mafātīḥ al-ghayb, dit al-Tafsīr al-kabīr (commentaire du Coran) ; al-Maḥṣūl fī ʿilm uṣūl al-fiqh (fondements du droit) ; al-Maṭālib al-ʿāliya et Muḥaṣṣal afkār al-mutaqaddimīn wa-l-mutaʾakhkhirīn (théologie) ; Asās al-taqdīs. Son tafsir se distingue par son approche rationnelle et théologique : il découpe chaque passage en une série de « questions » (masāʾil), discute longuement les arguments des théologiens et des philosophes, réfute notamment les Muʿtazilites, et prête une attention particulière aux liens entre les versets et entre les sourates (munāsabāt). Son ampleur encyclopédique lui a valu une critique ancienne souvent citée : « on y trouve de tout, sauf du tafsir ». ↩
- Muḥammad al-Ṭāhir Ibn ʿĀshūr, né en 1296/1879 à Tunis, mort en 1393/1973 à Tunis ; XIVe/XXe siècle. Savant mālikite, Shaykh al-Islām et recteur de la Zaytūna. Principaux écrits : al-Taḥrīr wa-l-tanwīr (commentaire du Coran en trente volumes, fruit d’une quarantaine d’années de travail) ; Maqāṣid al-sharīʿa al-islāmiyya (finalités de la Loi) ; Uṣūl al-niẓām al-ijtimāʿī fī l-islām ; Alaysa l-ṣubḥ bi-qarīb. Son tafsir se distingue par l’attention portée à la rhétorique et aux finesses de la langue arabe (balāgha), à la cohérence entre les versets (munāsabāt) et aux finalités de la Loi (maqāṣid). Il y affiche sa volonté d’apporter des éclairages que ses prédécesseurs n’avaient pas donnés, discutant leurs avis avec une grande indépendance d’esprit. ↩
- قال الطبري: «عن مجاهدٍ، قال: الحكمةُ الأمانةُ. وقال آخرون: كان نبيًّا … عن عكرمةَ، قال: كان لقمانُ نبيًّا». الطبري، جامع البيان، ج١٨، ص٥٤٩. وقال الزمخشري: «وأكثر الأقاويل أنه كان حكيما ولم يكن نبيا، وعن ابن عباس رضى الله عنهما: لقمان لم يكن نبيا ولا ملكا. ولكن كان راعيا أسود … وقال عكرمة والشعبي: كان نبيا». الزمخشري، الكشاف، ج٣، ص٤٩٣، وقد ذكر قبل ذلك أقوالًا في صنعته. ↩
- قال الرازي: «وَبَيَّنَ بِحِكَايَةِ لُقْمَانَ أَنَّ مَعْرِفَةَ ذَلِكَ غَيْرُ مُخْتَصَّةٍ بِالنُّبُوَّةِ بَلْ ذَلِكَ مُوَافِقٌ لِلْحِكْمَةِ». الرازي، مفاتيح الغيب، ج٢٥، ص١٢٣. ↩
- قال الطبري: «وجعَل قولَه: ﴿أَنِ اشْكُرْ﴾ ترجمةً عن الحكمةِ؛ لأن مِن الحكمةِ التي كان أوتِيَها، كان شُكْرُه الله على ما آتاه». الطبري، جامع البيان، ج١٨، ص٥٤٩. وقال الزمخشري: «وقد نبه الله سبحانه على أنّ الحكمة الأصلية والعلم الحقيقي: هو العمل بهما وعبادة الله والشكر له، حيث فسر إيتاء الحكمة بالبعث على الشكر». الزمخشري، الكشاف، ج٣، ص٤٩٣. ↩
- قال الرازي: «لِأَنَّ الْإِنْسَانَ إِذَا عَلِمَ أَمْرَيْنِ أَحَدُهُمَا أَهَمُّ مِنَ الْآخَرِ، فَإِنِ اشْتَغَلَ بِالْأَهَمِّ كَانَ عَمَلُهُ مُوَافِقًا لِعِلْمِهِ وَكَانَ حِكْمَةً … لَكِنَّ شُكْرَ اللَّهِ أَهَمُّ الْأَشْيَاءِ فَالْحِكْمَةُ أَوَّلُ مَا تَقْتَضِي». الرازي، مفاتيح الغيب، ج٢٥، ص١١٩. ↩
- قال ابن عاشور: «وَفَائِدَةُ ذِكْرِ الْحَالِ بِقَوْلِهِ وَهُوَ يَعِظُهُ الْإِشَارَةُ إِلَى أَنَّ قَوْلَهُ هَذَا كَانَ لِتَلَبُّسِ ابْنِهِ بِالْإِشْرَاكِ، وَقَدْ قَالَ جُمْهُورُ الْمُفَسِّرِينَ: إِنَّ ابْنَ لُقْمَانَ كَانَ مُشْرِكًا فَلَمْ يَزَلْ لُقْمَانُ يَعِظُهُ حَتَّى آمَنَ بِاللَّهِ وَحْدَهُ». ابن عاشور، التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٥٤. ↩
- قال ابن عاشور: «وَأَصْلُ النَّهْيِ عَنِ الشَّيْءِ أَنْ يَكُونَ حِينَ التَّلَبُّسِ بِالشَّيْءِ الْمَنْهِيِّ عَنْهُ أَوْ عِنْدَ مُقَارَبَةِ التَّلَبُّسِ بِهِ». ابن عاشور، التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٥٤. ↩
- قال الزمخشري: «وقيل: كان ابنه وامرأته كافرين، فما زال بهما حتى أسلما». الزمخشري، الكشاف، ج٣، ص٤٩٣–٤٩٤. وقد صدّره بصيغة التمريض «قيل». ↩
- قال ابن كثير: «وهو يوصي ولده الذي هو أشفق الناس عليه وأحبهم إليه، فهو حقيق أن يمنحه أفضل ما يعرف، ولهذا أوصاه أولًا بأن يعبد الله ولا يشرك به شيئًا». ابن كثير، تفسير القرآن العظيم، ج٦، ص١١٤. ↩
- قال ابن عطية: «واسم ابنه ثاران». ابن عطية، المحرر الوجيز، ج٤، ص٣٤٨. وقال ابن كثير: «واسم ابنه ثاران في قول حكاه السهيلي». تفسير القرآن العظيم، ج٦، ص١١٤. وقال الزمخشري: «قيل: كان اسم ابنه «أنعم» وقال الكلبي: «أشكم»». الكشاف، ج٣، ص٤٩٣. ↩
- قال ابن عاشور: «وَقَدْ ذَكَرَ الْمُفَسِّرُونَ اخْتِلَافًا فِي اسْمِ ابْنِ لُقْمَانَ فَلَا دَاعِيَ إِلَيْهِ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٥٤. ↩
- قال القرطبي: «وَقَوْلُهُ: « يَا بُنَيَّ » لَيْسَ هُوَ عَلَى حَقِيقَةِ التَّصْغِيرِ وَإِنْ كَانَ عَلَى لَفْظِهِ، وَإِنَّمَا هُوَ عَلَى وَجْهِ التَّرْقِيقِ، كَمَا يُقَالُ لِلرَّجُلِ: يا أخي». القرطبي، الجامع لأحكام القرآن، ج١٤، ص٦٣. ↩
- قال ابن عاشور: «وَالتَّصْغِيرُ فِيهِ لِتَنْزِيلِ الْمُخَاطَبِ الْكَبِيرِ مَنْزِلَةَ الصَّغِيرِ كِنَايَةً عَنِ الشَّفَقَةِ بِهِ وَالتَّحَبُّبِ لَهُ، وَهُوَ فِي مَقَامِ الْمَوْعِظَةِ وَالنَّصِيحَةِ إِيمَاءٌ وَكِنَايَةٌ عَنْ إِمْحَاضِ النُّصْحِ وَحُبِّ الْخَيْرِ، فَفِيهِ حَثٌّ عَلَى الِامْتِثَالِ لِلْمَوْعِظَةِ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٥٥. ↩
- قال الرازي: «ثُمَّ إِنَّهُ فِي الْوَعْظِ بَدَأَ بِالْأَهَمِّ وَهُوَ الْمَنْعُ مِنَ الْإِشْرَاكِ». مفاتيح الغيب، ج٢٥، ص١١٩. ↩
- قال ابن كثير: «وهو يوصي ولده الذي هو أشفق الناس عليه وأحبهم إليه، فهو حقيق أن يمنحه أفضل ما يعرف، ولهذا أوصاه أولًا بأن يعبد الله ولا يشرك به شيئًا». ابن كثير، تفسير القرآن العظيم، ج٦، ص١١٤. ↩
- قال ابن عاشور: «ابْتَدَأَ لُقْمَانُ مَوْعِظَةَ ابْنِهِ بِطَلَبِ إِقْلَاعِهِ عَنِ الشِّرْكِ بِاللَّهِ لِأَنَّ النَّفْسَ الْمُعَرَّضَةَ لِلتَّزْكِيَةِ وَالْكَمَالِ يَجِبُ أَنْ يُقَدَّمَ لَهَا قَبْلَ ذَلِكَ تَخَلِّيَتُهَا عَنْ مَبَادِئِ الْفَسَادِ وَالضَّلَالِ، فَإِنَّ إِصْلَاحَ الِاعْتِقَادِ أَصْلٌ لِإِصْلَاحِ الْعَمَلِ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٥٥. ↩
- ﴿الَّذِينَ آمَنُوا وَلَمْ يَلْبِسُوا إِيمَانَهُمْ بِظُلْمٍ أُولَئِكَ لَهُمُ الْأَمْنُ وَهُمْ مُهْتَدُونَ﴾ [الأنعام: ٨٢]. ↩
- أخرجه مسلم في صحيحه من حديث عبد الله بن مسعود رضي الله عنه، ولفظه: «لَمَّا نَزَلَتْ: ﴿الَّذِينَ آمَنُوا وَلَمْ يَلْبِسُوا إِيمَانَهُمْ بِظُلْمٍ﴾ شَقَّ ذَلِكَ عَلَى أَصْحَابِ رَسُولِ اللَّهِ ﷺ وَقَالُوا: أَيُّنَا لَا يَظْلِمُ نَفْسَهُ؟ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ ﷺ: « لَيْسَ هُوَ كَمَا تَظُنُّونَ، إِنَّمَا هُوَ كَمَا قَالَ لُقْمَانُ لِابْنِهِ: ﴿يَا بُنَيَّ لَا تُشْرِكْ بِاللَّهِ إِنَّ الشِّرْكَ لَظُلْمٌ عَظِيمٌ﴾ »». صحيح مسلم (ت. محمد فؤاد عبد الباقي)، كتاب الإيمان، باب صدق الإيمان وإخلاصه، ج١، ص١١٤–١١٥، رقم ١٢٤. ↩
- قال ابن عطية: «وظاهر قوله إِنَّ الشِّرْكَ لَظُلْمٌ عَظِيمٌ أنه من كلام لقمان، ويحتمل أن يكون خبرا من الله تعالى منقطعا من كلام لقمان متصلا به في تأكيد المعنى». المحرر الوجيز، ج٤، ص٣٤٨. وقال أيضًا: «فأنزل الله تعالى إِنَّ الشِّرْكَ لَظُلْمٌ عَظِيمٌ فسكن إشفاقهم. قال الفقيه الإمام القاضي: وإنما يسكن إشفاقهم بأن يكون ذلك خبرا من الله تعالى، وقد يسكن الإشفاق بأن يذكر الله ذلك عن عبد قد وصفه بالحكمة والسداد». المحرر الوجيز، ج٤، ص٣٤٨. ↩
- أخرجه البخاري في صحيحه، ولفظه: «قَالَ أَصْحَابُ رَسُولِ اللهِ ﷺ: أَيُّنَا لَمْ يَظْلِمْ؟ فَأَنْزَلَ اللهُ: ﴿إِنَّ الشِّرْكَ لَظُلْمٌ عَظِيمٌ﴾». صحيح البخاري (الطبعة السلطانية)، كتاب الإيمان، باب ظلم دون ظلم، ج١، ص١٥، رقم ٣٢. ولفظه في كتاب التفسير: «… وَقَالُوا: أَيُّنَا لَمْ يَلْبِسْ إِيمَانَهُ بِظُلْمٍ؟ فَقَالَ رَسُولُ اللهِ ﷺ: إِنَّهُ لَيْسَ بِذَاكَ، أَلَا تَسْمَعُ إِلَى قَوْلِ لُقْمَانَ لِابْنِهِ: ﴿إِنَّ الشِّرْكَ لَظُلْمٌ عَظِيمٌ﴾». صحيح البخاري، كتاب التفسير، سورة لقمان، ج٦، ص١١٤–١١٥، رقم ٤٧٧٦. ↩
- قال الرازي: «وَضْعٌ لِلنَّفْسِ الشَّرِيفِ الْمُكَرَّمُ … فِي عِبَادَةِ الْخَسِيسِ، أَوْ لِأَنَّهُ وَضْعُ الْعِبَادَةِ فِي غَيْرِ مَوْضِعِهَا». مفاتيح الغيب، ج٢٥، ص١١٩. ↩
- قال الزمخشري: «لَظُلْمٌ عَظِيمٌ لأنّ التسوية بين من لا نعمة إلا هي منه، ومن لا نعمة منه البتة ولا يتصوّر أن تكون منه: ظلم لا يكتنه عظمه». الكشاف، ج٣، ص٤٩٤. ↩
- قال ابن عاشور: «فَإِنَّهُ ظُلْمٌ لِحُقُوقِ الْخَالِقِ، وَظُلْمُ الْمَرْءِ لِنَفْسِهِ إِذْ يَضَعُ نَفْسَهُ فِي حَضِيضِ الْعُبُودِيَّةِ لِأَخَسِّ الْجَمَادَاتِ، وَظُلْمٌ لِأَهْلِ الْإِيمَانِ الْحَقِّ إِذْ يَبْعَثُ عَلَى اضْطِهَادِهِمْ وَأَذَاهُمْ، وَظُلْمٌ لِحَقَائِقِ الْأَشْيَاءِ بِقَلْبِهَا وَإِفْسَادِ تَعَلُّقِهَا». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٥٥. ↩
- عن عبد الله بن مسعود قال: سألت النبي ﷺ: أي الذنب أعظم عند الله؟ قال: «أَنْ تَجْعَلَ لِلَّهِ نِدًّا وَهُوَ خَلَقَكَ». البخاري، صحيح البخاري، رقم ٤٤٧٧؛ مسلم، صحيح مسلم، رقم ٨٦. ↩
- قال القرطبي: «هَاتَانِ الْآيَتَانِ اعْتِرَاضٌ بَيِّنٌ أَثْنَاءَ وَصِيَّةِ لُقْمَانَ». الجامع لأحكام القرآن، ج١٤، ص٦٣. وقال الزمخشري: «فإن قلت: هذا الكلام كيف وقع في أثناء وصية لقمان؟ قلت: هو كلام اعترض به على سبيل الاستطراد، تأكيدا لما في وصية لقمان من النهى عن الشرك». الكشاف، ج٣، ص٤٩٤. وقال ابن عاشور: «إِذَا دَرَجْنَا عَلَى أَنَّ لُقْمَانَ لَمْ يَكُنْ نَبِيئًا مُبَلِّغًا عَنِ اللَّهِ وَإِنَّمَا كَانَ حَكِيمًا مُرْشِدًا كَانَ هَذَا الْكَلَامُ اعْتِرَاضًا بَيْنَ كَلَامَيْ لُقْمَانَ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٥٦. ↩
- قال ابن عطية: «هاتان الآيتان اعتراض أثناء وصية لقمان، ووجه الطبري ذلك بأنها من معنى كلام لقمان ومما قصده، وذلك غير متوجه لأن كون الآيتين في شأن سعد بن أبي وقاص حسب ما أذكره بعد يضعّف أن تكون مما قالها لقمان». المحرر الوجيز، ج٤، ص٣٤٨. ↩
- قال الرازي: «لَمَّا مَنَعَهُ مِنَ الْعِبَادَةِ لِغَيْرِ اللَّهِ وَالْخِدْمَةُ قَرِيبَةٌ مِنْهَا فِي الصُّورَةِ بَيَّنَ أَنَّهَا غَيْرُ مُمْتَنِعَةٍ، بَلْ هِيَ وَاجِبَةٌ لِغَيْرِ اللَّهِ فِي بَعْضِ الصُّوَرِ مِثْلُ خِدْمَةِ الْأَبَوَيْنِ». مفاتيح الغيب، ج٢٥، ص١٢٠. ↩
- قال ابن عاشور: «بَيَّنَ اللَّهُ أَنَّهُ تَعَالَى أَسْبَقُ مِنَّةً عَلَى عِبَادِهِ إِذْ أَوْصَى الْأَبْنَاءَ بِبَرِّ الْآبَاءِ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٥٦. ↩
- قال الزمخشري: «والمعنى: أنها تضعف ضعفا فوق ضعف، أى: يتزايد ضعفها ويتضاعف، لأنّ الحمل كلما ازداد وعظم، ازدادت ثقلا وضعفا». الكشاف، ج٣، ص٤٩٤. وقال الطبري: «وأمَرْنا الإنسانَ ببرِّ والدَيه … ضَعْفًا على ضعفٍ، وشدةً على شدةٍ». جامع البيان، ج١٨، ص٥٥٠. ↩
- قال ابن كثير: «وإنما يذكر تعالى تربية الوالدة وتعبها ومشقتها في سهرها ليلًا ونهارًا، ليذكر الولد بإحسانها المتقدم إليه». تفسير القرآن العظيم، ج٦، ص١١٤. ↩
- قال ابن عطية: «شرك الله تعالى الأم والوالد منها في رتبة الوصية بهما، ثم خصص الأم بدرجة ذكر الحمل ودرجة ذكر الرضاع فتحصل للأم ثلاث مراتب وللأب واحدة». المحرر الوجيز، ج٤، ص٣٤٨. ↩
- أخرجه مسلم من حديث أبي هريرة رضي الله عنه: «جَاءَ رَجُلٌ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ ﷺ فَقَالَ: مَنْ أَحَقُّ النَّاسِ بِحُسْنِ صَحَابَتِي؟ قَالَ: « أُمُّكَ »، قَالَ: ثُمَّ مَنْ؟ قَالَ: « ثُمَّ أُمُّكَ »، قَالَ: ثُمَّ مَنْ؟ قَالَ: « ثُمَّ أُمُّكَ »، قَالَ: ثُمَّ مَنْ؟ قَالَ: « ثُمَّ أَبُوكَ »». صحيح مسلم، كتاب البر والصلة والآداب، باب بر الوالدين، ج٤، ص١٩٧٤، رقم ٢٥٤٨. ↩
- قال ابن عاشور: «وَيُقَوِّي هَذَا التَّفْسِيرَ اقْتِرَانُ شُكْرِ اللَّهِ وَشُكْرِ الْوَالِدَيْنِ فِي الْأَمْرِ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٥٦. ↩
- قال الرازي: «إِلَيَّ الْمَصِيرُ يَعْنِي نِعْمَتُهُمَا مُخْتَصَّةٌ بِالدُّنْيَا وَنِعْمَتِي فِي الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ». مفاتيح الغيب، ج٢٥، ص١٢٠. ↩
- قال الزمخشري: «مَعْرُوفاً صحابا، أو مصاحبا معروفا حسنا بخلق جميل وحلم واحتمال وبر وصلة، وما يقتضيه الكرم والمروءة». الكشاف، ج٣، ص٤٩٤. ↩
- قال ابن عاشور: «وَالْمَقْصُودُ مِنْ هَذَا الْكَلَامِ هُوَ قَوْلُهُ وَإِنْ جاهَداكَ عَلى أَنْ تُشْرِكَ بِي … وَمَا قَبْلَهُ تَمْهِيدٌ لَهُ وَتَقْرِيرٌ لِوَاجِبِ بِرِّ الْوَالِدَيْنِ لِيَكُونَ النَّهْيُ عَنْ طَاعَتِهِمَا إِذًا أَمَرًا بِالْإِشْرَاكِ بِاللَّهِ نَهْيًا عَنْهُ فِي أَوْلَى الْحَالَاتِ بِالطَّاعَةِ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٥٧. ↩
- قال الرازي: «صَاحِبْهُمَا بِجِسْمِكَ فَإِنَّ حَقَّهُمَا عَلَى جِسْمِكَ، وَاتَّبِعْ سَبِيلَ النَّبِيِّ ﵇ بِعَقْلِكَ، فَإِنَّهُ مُرَبِّي عَقْلِكَ، كَمَا أَنَّ الْوَالِدَ مُرَبِّي جِسْمِكَ». مفاتيح الغيب، ج٢٥، ص١٢٠. ↩
- قال الزمخشري: «وروى: أنها نزلت في سعد بن أبى وقاص وأمّه. وفي القصة: أنها مكثت ثلاثا لا تطعم ولا تشرب حتى شجروا فاها بعود. وروى أنه قال: لو كانت لها سبعون نفسا فخرجت، لما ارتددت إلى الكفر». الكشاف، ج٣، ص٤٩٤. ↩
- قال القرطبي: «وَالصَّحِيحُ أَنَّ هَاتَيْنِ الْآيَتَيْنِ نَزَلَتَا فِي شَأْنِ سَعْدِ بْنِ أَبِي وَقَّاصٍ، كَمَا تَقَدَّمَ فِي « الْعَنْكَبُوتِ »، وَعَلَيْهِ جَمَاعَةُ الْمُفَسِّرِينَ». الجامع لأحكام القرآن، ج١٤، ص٦٣. ↩
- قال ابن عاشور: «وَعَلَى كِلَا الِاعْتِبَارَيْنِ لَا يَحْسُنُ مَا ذَهَبَ إِلَيْهِ جَمْعٌ مِنَ الْمُفَسِّرِينَ أَنَّ هَذِهِ الْآيَةَ نَزَلَتْ فِي قَضِيَّةِ إِسْلَامِ سَعْدِ بْنِ أَبِي وَقَّاصٍ وَامْتِعَاضِ أُمِّهِ، لِعَدَمِ مُنَاسَبَتِهِ السِّيَاقَ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٥٧. ↩
- قال الرازي: «لَمَّا قَالَ: فَأُنَبِّئُكُمْ بِما كُنْتُمْ تَعْمَلُونَ وَقَعَ لِابْنِهِ أَنَّ مَا يُفْعَلُ فِي خُفْيَةٍ يَخْفَى فَقَالَ: يا بُنَيَّ إِنَّها أَيِ الْحَسَنَةُ وَالسَّيِّئَةُ إِنْ كَانَتْ فِي الصِّغَرِ مِثْلَ حَبَّةِ خَرْدَلٍ وَتَكُونُ مَعَ ذَلِكَ الصِّغَرِ فِي مَوْضِعٍ حَرِيزٍ كَالصَّخْرَةِ لَا تَخْفَى عَلَى اللَّهِ». مفاتيح الغيب، ج٢٥، ص١٢٠. ↩
- قال ابن عاشور: «تَكْرِيرُ النِّدَاءِ لِتَجْدِيدِ نَشَاطِ السَّامِعِ لِوَعْيِ الْكَلَامِ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٦٢. وقال أيضًا: «فَاجْتَمَعَ فِي هَذِهِ الْجُمْلَةِ ثَلَاثَةُ مُؤَكِّدَاتٍ: النِّدَاءُ، وَإِنَّ، وَضَمِيرُ الْقِصَّةِ، لِعَظَمِ خَطَرِ مَا بَعْدَهُ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٦٢. ↩
- قال ابن عاشور: «فَذُكِرَ أَدَقُّ الْكَائِنَاتِ حَالًا … لِيُعْلَمَ أَنَّ مَا هُوَ أَقْوَى مِنْهُ فِي الظُّهُورِ وَالدُّنُوِّ مِنَ التَّنَاوُلِ أَوْلَى بِأَنْ يُحِيطَ بِهِ عِلْمُ اللَّهِ وَقُدْرَتُهُ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٦٢. ↩
- قال ابن كثير: «ولو كانت تلك الذرة محصنة محجبة في داخل صخرة صماء، أو غائبة ذاهبة في أرجاء السماوات والأرض، فإن الله يأتي بها، لأنه لا تخفى عليه خافية». تفسير القرآن العظيم، ج٦، ص١١٦. ↩
- قال ابن كثير: «وقد زعم بعضهم أن المراد بقوله: ﴿فَتَكُنْ فِي صَخْرَةٍ﴾ أنها صخرة تحت الأرضين السبع … وهذا – والله أعلم – كأنه متلقى من الإسرائيليات التي لا تصدق ولا تكذب، والظاهر – والله أعلم – أن المراد أن هذه الحبة في حقارتها لو كانت داخل صخرة، فإن الله سيبديها ويظهرها بلطيف علمه». تفسير القرآن العظيم، ج٦، ص١١٦. ↩
- قال ابن كثير: «أي: لطيف العلم، فلا تخفى عليه الأشياء وإن دقت ولطفت وتضاءلت، ﴿خَبِيرٌ﴾ بدبيب النمل في الليل البهيم». تفسير القرآن العظيم، ج٦، ص١١٦. ↩
- قال ابن عاشور: «وَاللَّطِيفُ: مَنْ يَعْلَمُ دَقَائِقَ الْأَشْيَاءِ وَيَسْلُكُ فِي إِيصَالِهَا إِلَى مَنْ تَصْلُحُ بِهِ مَسْلَكَ الرِّفْقِ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٦٤. ↩
- قال ابن عاشور: «وَهُنَا قَدِ اسْتَوْفَى أُصُولَ الِاعْتِقَادِ الصَّحِيحِ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٦٤. ↩
- قال الرازي: «وَعَزْمٌ بِالْقَلْبِ وَهُوَ لَا اطِّلَاعَ عَلَيْهِ إِلَّا لِلَّهِ، وَقَدْ أَشَارَ إِلَيْهِ بِقَوْلِهِ: إِنَّها إِنْ تَكُ مِثْقالَ حَبَّةٍ مِنْ خَرْدَلٍ أَيْ أَصْلِحْ ضَمِيرَكَ فَإِنَّ اللَّهَ خَبِيرٌ». مفاتيح الغيب، ج٢٥، ص١٢٢. ↩
- قال ابن عاشور: «انْتَقَلَ مِنْ تَعْلِيمِهِ أُصُولَ الْعَقِيدَةِ إِلَى تَعْلِيمِهِ أُصُولَ الْأَعْمَالِ الصَّالِحَةِ فَابْتَدَأَهَا بِإِقَامَةِ الصَّلَاةِ … وَالصَّلَاةُ عِمَادُ الْأَعْمَالِ لِاشْتِمَالِهَا عَلَى الِاعْتِرَافِ بِطَاعَةِ اللَّهِ وَطَلَبِ الِاهْتِدَاءِ لِلْعَمَلِ الصَّالِحِ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٦٤. ↩
- قال ابن كثير: «﴿أَقِمِ الصَّلَاةَ﴾ أي: بحدودها وفروضها وأوقاتها». تفسير القرآن العظيم، ج٦، ص١١٦. ↩
- عن أبي هريرة عن النبي ﷺ قال: «قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: قَسَمْتُ الصَّلَاةَ بَيْنِي وَبَيْنَ عَبْدِي نِصْفَيْنِ، وَلِعَبْدِي مَا سَأَلَ، فَإِذَا قَالَ الْعَبْدُ: الْحَمْدُ لِلَّهِ رَبِّ الْعَالَمِينَ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: حَمِدَنِي عَبْدِي، وَإِذَا قَالَ: الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: أَثْنَى عَلَيَّ عَبْدِي». مسلم، صحيح مسلم، رقم ٣٩٥. ↩
- عن أبي هريرة أن رسول الله ﷺ قال: «أَقْرَبُ مَا يَكُونُ الْعَبْدُ مِنْ رَبِّهِ وَهُوَ سَاجِدٌ، فَأَكْثِرُوا الدُّعَاءَ». مسلم، صحيح مسلم، رقم ٤٨٢. ↩
- قال رسول الله ﷺ: «يَا بِلَالُ، أَقِمِ الصَّلَاةَ، أَرِحْنَا بِهَا». أبو داود، سنن أبي داود، رقم ٤٩٨٥. ↩
- قال الرازي: «وَفِي الْآيَةِ لَطِيفَةٌ وَهُوَ أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى قَدَّمَ الْكَمَالَ عَلَى التَّكْمِيلِ حَيْثُ قَالَ أَقِمِ الصَّلاةَ ثُمَّ قَالَ: وَأْمُرْ بِالْمَعْرُوفِ». مفاتيح الغيب، ج٢٥، ص١٢٢. وقال أيضًا: «لِأَنَّ عُلُوَّ مَرْتَبَةِ الْإِنْسَانِ بِأَنْ يَكُونَ كَامِلًا فِي نَفْسِهِ وَمُكَمِّلًا لِغَيْرِهِ». مفاتيح الغيب، ج٢٥، ص١١٩. ↩
- قال ابن عاشور: «وَالْأَمْرُ بِأَنْ يَأْمُرَ بِالْمَعْرُوفِ وَيَنْهَى عَنِ الْمُنْكَرِ يَقْتَضِي إتْيَان الْأَمْرِ وَانْتِهَاءَهُ فِي نَفْسِهِ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٦٥. ↩
- قال ابن كثير: «﴿وَأْمُرْ بِالْمَعْرُوفِ وَانْهَ عَنِ الْمُنْكَرِ﴾ أي: بحسب طاقتك وجهدك». تفسير القرآن العظيم، ج٦، ص١١٦. ↩
- قال ابن كثير: «﴿وَاصْبِرْ عَلَى مَا أَصَابَكَ﴾، علم أن الآمر بالمعروف والناهي عن المنكر لا بدّ أن يناله من الناس أذى، فأمره بالصبر». تفسير القرآن العظيم، ج٦، ص١١٦. وقال ابن عاشور: «أَنَّ الْأَمْرَ بِالْمَعْرُوفِ وَالنَّهْيَ عَنِ الْمُنْكَرِ قَدْ يَجُرَّانِ لِلْقَائِمِ بِهِمَا مُعَادَاةً مِنْ بَعْضِ النَّاسِ أَوْ أَذًى مِنْ بَعْضٍ …». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٦٥. ↩
- قال الرازي: «أَيْ مِنَ الْأُمُورِ الْوَاجِبَةِ الْمَعْزُومَةِ أَيِ الْمَقْطُوعَةِ، وَيَكُونُ الْمَصْدَرُ بِمَعْنَى الْمَفْعُولِ». مفاتيح الغيب، ج٢٥، ص١٢٢. وقال ابن عاشور: «وعَزْمِ مَصْدَرٌ بِمَعْنَى الْمَفْعُولِ، أَيْ مِنْ مَعْزُومِ الْأُمُورِ، أَيِ الَّتِي عَزَمَهَا اللَّهُ وَأَوْجَبَهَا». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٦٦. ↩
- ﴿وَلَتَسْمَعُنَّ مِنَ الَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ مِنْ قَبْلِكُمْ وَمِنَ الَّذِينَ أَشْرَكُوا أَذًى كَثِيرًا وَإِنْ تَصْبِرُوا وَتَتَّقُوا فَإِنَّ ذَلِكَ مِنْ عَزْمِ الْأُمُورِ﴾ [آل عمران: ١٨٦]. ↩
- قال الرازي: «… أَمَرَهُ بِأَنْ يَكُونَ كَامِلًا فِي نَفْسِهِ مُكَمِّلًا لِغَيْرِهِ، وَكَانَ يَخْشَى بَعْدَهُمَا مِنْ أَمْرَيْنِ: أَحَدُهُمَا: التَّكَبُّرُ عَلَى الْغَيْرِ بِسَبَبِ كَوْنِهِ مُكَمِّلًا لَهُ، وَالثَّانِي: التَّبَخْتُرُ فِي النَّفْسِ بِسَبَبِ كَوْنِهِ كَامِلًا فِي نَفْسِهِ». مفاتيح الغيب، ج٢٥، ص١٢٢. ↩
- قال ابن كثير: «لا تعرض بوجهك عن الناس إذا كلمتهم أو كلموك احتقارًا منك لهم، واستكبارًا عليهم، ولكن ألن جانبك وابسط وجهك إليهم». تفسير القرآن العظيم، ج٦، ص١١٦. وقال أيضًا: «قال علي بن أبي طلحة، عن ابن عباس … يقول: لا تتكبر فتحقر عباد الله، وتعرض عنهم بوجهك إذا كلموك». تفسير القرآن العظيم، ج٦، ص١١٦. وقال المحقق في الحاشية: «أخرجه الطبري وابن أبي حاتم بسند ثابت». ↩
- قال ابن عاشور: «فَالنَّهْيُ عَنِ الْإِعْرَاضِ عَنْهُمُ احْتِقَارًا لَهُمْ لَا عَنْ خُصُوصِ مُصَاعَرَةِ الْخَدِّ، فَيَشْمَلُ الِاحْتِقَارَ بِالْقَوْلِ وَالشَّتْمِ وَغَيْرِ ذَلِكَ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٦٦. وقال أيضًا: «انْتَقَلَ لُقْمَانُ بِابْنِهِ إِلَى الْآدَابِ فِي مُعَامَلَةِ النَّاسِ فَنَهَاهُ عَنِ احْتِقَارِ النَّاسِ وَعَنِ التَّفَخُّرِ عَلَيْهِمْ، وَهَذَا يَقْتَضِي أَمْرَهُ بِإِظْهَارِ مُسَاوَاتِهِ مَعَ النَّاسِ وَعَدِّ نَفْسِهِ كَوَاحِدٍ مِنْهُمْ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٦٦. ↩
- أخرجه أبو داود في سننه من حديث أبي جُرَيّ جابر بن سُلَيم رضي الله عنه، وفيه: «وَلَا تَحْقِرَنَّ شَيْئًا مِنَ الْمَعْرُوفِ، وَأَنْ تُكَلِّمَ أَخَاكَ وَأَنْتَ مُنْبَسِطٌ إِلَيْهِ وَجْهُكَ إِنَّ ذَلِكَ مِنَ الْمَعْرُوفِ … وَإِيَّاكَ وَإِسْبَالَ الْإِزَارِ، فَإِنَّهَا مِنَ الْمَخِيلَةِ، وَإِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ الْمَخِيلَةَ». سنن أبي داود (ت. محمد محيي الدين عبد الحميد)، كتاب اللباس، باب ما جاء في إسبال الإزار، ج٤، ص٥٦، رقم ٤٠٨٤، وحُكم عليه في الحاشية: «صحيح». ↩
- قال ابن عاشور: «هُوَ الْإِيمَاءُ إِلَى أَنَّ الْمَشْيَ فِي مَكَانٍ يَمْشِي فِيهِ النَّاسُ كُلُّهُمْ قَوِيُّهُمْ وَضَعِيفُهُمْ، فَفِي ذَلِكَ مَوْعِظَةٌ لِلْمَاشِي مَرَحًا أَنَّهُ مُسَاوٍ لِسَائِرِ النَّاسِ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٦٧. ↩
- قال ابن عاشور: «فَقَوْلُهُ إِنَّ اللَّهَ لَا يُحِبُّ كُلَّ مُخْتالٍ مُقَابِلُ قَوْلِهِ وَلَا تُصَاعِرْ خَدَّكَ للنَّاس، وَقَوْلُهُ فَخُورٍ مُقَابِلُ قَوْلِهِ وَلا تَمْشِ فِي الْأَرْضِ مَرَحاً». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٦٧. ↩
- قال ابن عاشور: «بَعْدَ أَنْ بَيَّنَ لَهُ آدَابَ حُسْنِ الْمُعَامَلَةِ مَعَ النَّاسِ قَفَّاهَا بِحُسْنِ الْآدَابِ فِي حَالَتِهِ الْخَاصَّةِ، وَتِلْكَ حَالَتَا الْمَشْيِ وَالتَّكَلُّمِ، وَهُمَا أَظْهَرُ مَا يَلُوحُ عَلَى الْمَرْءِ مِنْ آدَابِهِ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٦٨. ↩
- قال ابن عاشور: «وَالْقَصْدُ: الْوَسَطُ الْعَدْلُ بَيْنَ طَرَفَيْنِ، فَالْقَصْدُ فِي الْمَشْيِ هُوَ أَنْ يَكُونَ بَيْنَ طَرَفِ التَّبَخْتُرِ وَطَرَفِ الدَّبِيبِ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٦٨. ↩
- قال الرازي: «… وَهُوَ مَشْيُ الْمُتَمَاوِتِ الَّذِي يَرَى مِنْ نَفْسِهِ الضَّعْفَ تَزَهُّدًا، فَقَالَ: وَاقْصِدْ فِي مَشْيِكَ أَيْ كُنْ وَسَطًا بَيْنَ الطَّرَفَيْنِ الْمَذْمُومَيْنِ». مفاتيح الغيب، ج٢٥، ص١٢٢. ↩
- قال ابن عاشور: «وَجِيءَ بِـ »مِنْ » الدَّالَّةِ عَلَى التَّبْعِيضِ لِإِفَادَةِ أَنَّهُ يَغُضُّ بَعْضَهُ، أَيْ بَعْضَ جَهْرِهِ، أَيْ يَنْقُصُ مِنْ جُهُورَتِهِ، وَلَكِنَّهُ لَا يَبْلُغُ بِهِ إِلَى التَّخَافُتِ وَالسِّرَارِ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٦٨. ↩
- قال الرازي: «لِأَنَّ الْقَوْلَ قَبِيحُهُ أَقْبَحُ مِنْ قَبِيحِ الْفِعْلِ، وَحَسَنُهُ أَحْسَنُ، لِأَنَّ اللِّسَانَ تُرْجُمَانُ الْقَلْبِ». مفاتيح الغيب، ج٢٥، ص١٢٣. ↩
- قال الرازي: «وَالْحِمَارُ لَوْ مَاتَ تَحْتَ الْحِمْلِ لَا يَصِيحُ، وَلَوْ قُتِلَ لَا يَصِيحُ، وَفِي بَعْضِ أَوْقَاتِ عَدَمِ الْحَاجَةِ يَصِيحُ وَيَنْهَقُ، فَصَوْتُهُ مَنْكُورٌ». مفاتيح الغيب، ج٢٥، ص١٢٣. ↩
- قال ابن عاشور: «وَرَفْعُ الصَّوْتِ فِي الْكَلَامِ يُشْبِهُ نَهِيقَ الْحَمِيرِ فَلَهُ حَظٌّ مِنَ النَّكَارَةِ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٦٨. ↩
- قال ابن عاشور: «وَقَدْ جَمَعَ لُقْمَانُ فِي هَذِهِ الْمَوْعِظَةِ أُصُولَ الشَّرِيعَةِ وَهِيَ: الِاعْتِقَادَاتُ، وَالْأَعْمَالُ، وَأَدَبُ الْمُعَامَلَةِ، وَأَدَبُ النَّفْسِ». التحرير والتنوير، ج٢١، ص١٥٤. ↩
- قال الرازي: «عَمَلٌ بِالْجَوَارِحِ … وَقَوْلٌ بِاللِّسَانِ … وَعَزْمٌ بِالْقَلْبِ وَهُوَ لَا اطِّلَاعَ عَلَيْهِ إِلَّا لِلَّهِ، وَقَدْ أَشَارَ إِلَيْهِ بِقَوْلِهِ: إِنَّها إِنْ تَكُ مِثْقالَ حَبَّةٍ مِنْ خَرْدَلٍ أَيْ أَصْلِحْ ضَمِيرَكَ فَإِنَّ اللَّهَ خَبِيرٌ، بَقِيَ الْأَمْرَانِ فَقَالَ: وَاقْصِدْ فِي مَشْيِكَ وَاغْضُضْ مِنْ صَوْتِكَ إِشَارَةً إِلَى التَّوَسُّطِ فِي الْأَفْعَالِ وَالْأَقْوَالِ». مفاتيح الغيب، ج٢٥، ص١٢٢–١٢٣. ↩
